Interview par Pascal Rivière
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- Published on Sunday, 27 February 2011 23:28
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Thierry a fait ses études à l'université de Montpellier, il y a obtenu une Licence de Lettres suivie d'une Maîtrise, d'un Doctorat sur Gustave Flaubert et d'une Thèse de lettres modernes (spécialité 19ème siècle). Il a étudié le solfège et la musique au conservatoire, il a appris l'accordéon et le piano. Il a participé à la création de pièces de théâtre, de spectacles. Durant ce début de carrière, le chant est toujours présent, il travaille sur des chansons avec entre autres Jacques Loussier. On lui doit des génériques et des illustrations sonores dans différentes émissions radios et T.V.
- Comment a débuté votre carrière de compositeur de musique de relaxation?
- En 1980, j'ai enregistré un disque à Paris intitulé "Sleeping Bird". Il a été diffusé dans les grandes surfaces et il se trouve que pas mal de personnes ont contacté l'éditeur pour avoir la référence de l'œuvre. Ce disque, au départ, n'était pas destiné à la vente, il était conçu pour des illustrations sonores. Parmi les demandeurs, il y avait un bon nombre de psychothérapeutes et des praticiens de la sophrologie.
C'était le premier disque mais je n'ai vraiment jamais eu la sensation de réaliser quelque chose dans un courant de pensée particulier pas plus que dans le nouvel âge.
D’ailleurs, ce mouvement, en 1981, on n’en parlait pas beaucoup.
- Quelles sont les différences entre compositeurs de musique relaxation et artistes de variétés?
- Il n'y a pas de différence. Un artiste de variétés peut se raccrocher à différentes philosophies. Un compositeur de musique relaxation fréquemment se raccroche à quelque chose de philosophique. Il y a forcément une démarche différente mais si je repense à l'époque où on m'avait étiqueté musicien du nouvel âge c'était franchement restrictif pour ne pas dire péjoratif.
À cette époque, il y avait tellement de personnes qui s'engouffraient dans ce courant un petit peu flou, dans ce bazar, qu'être qualifiée de la sorte était préoccupant.
Si on compose de la musique relaxation on devrait avoir une pensée un peu différente, plus ouverte, humaniste.
Mais, c'est une démarche personnelle. Elle ne fait pas partie d'un courant de pensée ou d'une mode.
À l'époque où on m’ a mis dans le nouvel âge mais ça ne m'a vraiment pas empêché d'écrire pour des gens de la variété, de composer pour des films ou de la publicité.
Chacun vit sa vie et suit un chemin, une démarche. Certains peuvent d'ailleurs ne pas en avoir. Peu importe.
Il y a musicien, qui a dans sa tête une façon de vivre, une démarche, il ne s'affiche pas comme tel. Ainsi Vangelis a été qualifié de musicien du nouvel âge mais ne s'est jamais vraiment réclamé de ce courant.
Ce qui me dérange aussi c'est le côté commercial, vénal de la démarche.
- Menez-vous à certains styles de vie pour composer et trouver l'inspiration?
- Oui, j'ai fait un choix mais l'inspiration vient aussi du quotidien et n’est pas forcément liée à une technique particulière, heureusement.
Pour le style de vie, à un moment donné dans ma vie j'ai aussi pris la décision de monter une société pour produire et distribuer mes disques. Je ne voulais pas rester dans une espèce de ghetto de mode et d'un distributeur qui s'y était engouffré. Cela me gênait, me dérangeait. C'est vrai qu'on s'inscrit dans une certaine démarche et parce qu'on s'inscrit dans cette démarche, il a fallu éviter toutes les concessions. On a une démarche dans sa vie, il s'agit d'une construction, on a envie de construire quelque chose de laisser quelque chose de bien et de faire partager ce qu'on est en train de faire à plein de gens. Je ne voulais plus avoir affaire qu’à des distributeurs des producteurs qui s'engouffraient dans ce mouvement du nouvel âge par état d'âme.
Je compose parce que je suis musicien compositeur et j’ai tenté de monter une maison de production distribution pour aller jusqu'au bout, sans faux prétexte. Je n'aime pas cette espèce de culpabilité par rapport à l'argent alors qu'on a terriblement besoin. Comme avoir une démarche vénale et vouloir excuser par une autre démarche de type spirituel.
Le New Age c'est le « grand bazar du bizarre » qui résulte d'une espèce de manque de repères. C'est vrai qu'on vit une fin de siècle mais surtout une crise sur le plan moral et politique. Les gens sont libres mais ont perdu leurs supports sans y être préparé. Ils sont prêts à partir n'importe où n'importe comment pour retrouver un cadre sécurisant.
Jusqu'à une époque récente nous avions encore des balises, des chemins tracés, comme les religions, la morale. La grande phase de démystification de la fin du XXe siècle a débouché sur plus de liberté mais aussi sur des gens perdus. Ils seront pessimistes moroses parce que les choses vont pas bien, ça ne sert à rien de tenter quelque chose de neuf, on se sent démobilisé ... . Je ne veux pas rentrer là-dedans car ce serait trop long. Retenons qu'il y a manque de repères et que les gens ne sont pas prêts à cette autonomie. Alors ils cherchent d'autres tuteurs qui peuvent être n'importe quoi. Ces gourous, ces guides vont dans la direction qui ne sont pas très honnêtes. Et donc certaine démarche spirituelle dans lesquelles s'inscrivait musique relaxation ne sont pas non plus toujours très honnêtes. Il y a beaucoup de crédulité autour de nous. C'est facile d'entraîner certaines personnes dans la direction qui ne vont pas vers l'autonomie, la responsabilité. Pour moi la liberté passe par l'autonomie et la responsabilité. Je n'apprécie pas ce mouvement qui contribue à créer des idoles alors même j'ai participé au courant qui a contribué à les faire tomber.
Pour ce foutoir pardonnez-moi expression ne peut pas déboucher sur quelque chose de positif. Il y a cependant un point positif on a mis l'accent pour une fois sur la notion d'être alors que jusqu'alors qu'on avait fait prévaloir que l'avoir. La spiritualité permet de trouver des repères pourtant qu'on y mette autonomie responsabilité est une démarche libre. Une pseudo spiritualité qui part dans tous les sens ne peut rien apporter de bon.
- Où votre musique est-elle surtout connue ?
- Pour tout vous avouer que je n'en sais rien et ce n'est pas ce qui est important.
- Où votre musique est-elle surtout diffusée?
- Dans la communauté économique européenne et évidemment en France.
- Où voudriez-vous faire connaître?
- Ce genre de question ne fait pas partie de mes préoccupations fondamentales.
La seule chose importante sait que je poursuive que je suis en train de faire.
- Des thérapeutes utilisent des votre musique?
- Oui et cela me plait. J'ai le sentiment de participer à cette fameuse construction de l'individu. D'apporter quelque chose à des gens qui sont mal dans leur peau. La musique n'est plus seulement quelque chose ludique, elle contribue au bien-être de l'humain. J'ai pas mal de musique qui se trouve dans les cliniques les hôpitaux de maison de retraite et par-delà le côté médiatique que le sentiment de servir à quelque chose de positif.
- Parmi vos albums quels sont ceux que vous estimez les plus réussis?
- Les derniers. Car, j'ai renoué avec la chanson et mes premières amours.
- Avez-vous des projets en cours ?
- oui un opéra.
- A quand remonte cette idée de monter un opéra ?
- J'ai présenté le thème d’un projet musical pour enfants à Jacqueline Joubert en 87 pour un série d’émissions sur Antenne 2. Nous venions de signer une série de 26 émissions de Koussi Koussa . C’est dans une crêperie de l’avenue Montaigne que j’ai parlé pour la première fois à Jacqueline et à Janine Guyon d’un Opéra pour enfants. L’idée les a enthousiasmées.
Mais l'assassinat d'un sans abri à Montpellier brûlé par des skinheads qui voulaient selon leurs mots " nettoyer la ville " m'a profondément bouleversé. Quel bond en arrière pour l'Humanité. J'ai éprouvé alors le besoin de faire vivre cet homme et à travers lui, l'Humain si facilement oublié. Ce n’était plus une histoire pour enfants, ce n’était plus une série télévisée, tout cela avait disparu. J’ai senti le besoin de fermer la porte de l’irréel et de toucher au réel. Cela a été et continue d’être une profonde démarche initiatique que nous vivons au quotidien jeanne de chantal et moi.
L' œuvre nous a emporté. Puis nous a guidé. La réalité a rejoint le rêve. La bonne vielle utopie Humaniste perdure envers et contre tout. L'espoir est toujours là. L’Arche de Gaïa est née de cette profonde et lointaine conviction il y a peut-être des milliers d’années.
- Pourquoi un opéra ?
- Grâce à Jeanne de Chantal. Ma compagne d’amour. C’est joli, non ? chanteuse lyrique. Ses origines bretonnes en font quelqu’un de têtu et d’ intuitif. L’idée de l’opéra s’est affirmée. Avais-je le choix ? (j’éclate de rire sur l’écran de mon ordinateur : en silence).
L’ Arche de Gaïa est une sorte d’autobiographie mais aussi une somme d’autobiographies à travers l’histoire Notre parcours qui s’inscrit dans celui de beaucoup d’autres qui sont à la recherche de simples relations vraies, ( quel programme ! ) des êtres libres non atteints de " normose ", la névrose de notre époque, à travers cette démarche donc, c’est l’Humanité toute entière qui se nourrissant d’ archétypes et de symboles se trouve représenter.
Je ne pouvais pas faire autre chose du spectacle qu’un opéra, convaincu de l’ampleur que pouvait apporter la démesure des voix lyriques et de l’orchestration. Et puis je traitais du Bien et du Mal. Une convention " opératique ". Enfin, la présence vocale de J de Chantal m’a conforté chaque jour de ces années dans la viabilité du projet. Mais attention, l’Arche de Gaïa mélange comme la vie les différences créant ainsi l ’ Unité : les voix lyriques et celles que j’appelle sauvages. Le monde est en tout.
- Quelles ont été les difficultés à surmonter pour le mettre sur pied ?
- Les faux prophètes, les marchands du temple, ceux comme dit Matthieu qui viennent à vous avec l’apparence des moutons mais en dedans ( qui )sont des loups féroces.
Rien à dire il y aurait trop à écrire. Et à quoi bon ! Le délabrement et la déliquescence des mentalités ne devraient plus m’étonner. Et pourtant ! je ne m’y habitue pas.
Parmi les difficultés celles du domaine beaucoup plus gratifiant de l’écriture pour trouver l’essentiel irremplaçable.. Puis, difficultés aussi pour écrire en oubliant le cortège des préoccupations quotidiennes.
En fait devenir ce que l’on est envers et contre tous.
- Quel message véhicule votre opéra ?
- Bien sûr que je ne déflorerais pas l’histoire mais le message avec grand plaisir.
L'Arche de Gaïa est une Allégorie moderne du combat entre le Bien et le Mal, l'ombre et la lumière, une conspiration planétaire pour un nouveau millénaire heureux.
"L'Arche de Gaïa" c'est L'Opéra de la Transformation.
Une goutte pour sauver le monde
Une goutte d'eau si légère et féconde
L'eau qui purifie, l'eau qui donne la vie symbolisée ici par VENISE, ville située entre l'Orient et l'Occident. VENISE, souffrante, est menacée.
En sauvant VENISE, c'est le monde qui est sauvé.
L'ARCHE de GAÏA c'est le grand ralliement pour l'évolution métissante et métissée d'un
Immense Espoir Humain en marche vers le troisième Millénaire.
Mais surtout : Si un seul mot doit définir L’Arche de Gaïa c’est celui d’écologie.
Respecter notre environnement cela commence par le respect : respect des autres dans la tolérance et le respect de soi. Sauver l’environnement est avant tout un geste humaniste qui doit faire prendre conscience que la nature qui nous entoure est le reflet de nous même. Cette pollution a atteint notre esprit qui fait de l’économique notre nouveau dieu. Le manque de spiritualité le manque de religion au sens étymologique de religare qui signifie relier fait que nous nous sommes coupés d’avec l’Essentiel : respect de l’eau ( dont nous sommes fait ainsi que tous les éléments qui nous composent ) de l’air etc …Dans l’Arche de Gaïa c’est un homme sans abri qui a subi un grand basculement affectif entraînant une dérive sociale qui trouve dans l’amour des autres le moyen de sortir de son désespoir. " Tout ce qui n’est pas donné est perdu "
Ce que je souhaiterais c’est poursuivre sur le terrain en direct sous forme d’enseignement ( revenir à mes premières amours ) sous forme de stages, tout ce que ce travail m’a apporté et qui doit être partagé. " Le peuple se trompe : on va bien plus facilement par les bouts, où l’extrémité sert de borne d’arrêt et de guide, que par la voie du milieu, large et ouverte… " Montaigne
- En dehors de votre musique laquelle écoutez-vous?
- Bruckner, Berg, des amis, Fuber Kant.
J'écoute les chansons de ma compagne Chantale.
- Comment pensez-vous que la musique va évoluer?
- La musique évoluera comme évolue le langage, les mentalités. La musique c'est l'émanation de ce qu'on est et de ce qui nous entoure.
Peut-être y aura-t-il une plus grande osmose entre le synthétique et l'acoustique? En fait, je n'en sais rien.
J'espère qu'elle va devenir ce qu'elle est comme nous nous essayons de devenir ce que nous sommes.
Questions subsidiaires
1) Peux-tu définir ce qui ne me plait pas.
- La séduction démagogique populiste fondée sur un économique exacerbé mais bien caché, trouvant ses ressources dans une inculture au service de tous : c’est ce que je déteste, d’une manière générale, dans la conception du monde d’aujourd’hui. L’hypocrisie. Plus grave le manque de conscience de cette hypocrisie. Quand un événement artistique n’est pas transcendé par l’expression intemporelle de la spiritualité, de la mémoire humaniste, de la Bonté universelle où est la qualité d’œuvre où est la qualité d’homme ? elle se rétrécit à l’acceptation économique de produit dans le plus grand mépris des marchands du temple. Aucune manifestation, aucun secteur n’est épargné même pas celui de la spiritualité. Et c’est très regrettable.
2) Peux-tu définir ce qui te plait.
- En fait ce qui me plaît c’est la victoire de la musique. la cohabitation de toutes les cultures musicales. Un exemple à suivre dans tous les secteurs de la vie de tous les jours : cohabiter de façon solidaire. je rêve ? Non. Dans les cas d’urgence la cohabitation solidaire se pratique naturellement parce qu’elle est nécessaire : Nous sommes dans une situation d’urgence.
3) Quel challange va devoir selon toi remporter le monde musical d’aujourd’hui ?
- Je n’ai pas la prétention ni la compétence pour pouvoir apporter une réponse constructive. Les artistes ont toujours eu une grande responsabilité : celle de transcrire l’inconscient collectif d’une société avant même que cette dernière en ait pris conscience. Il doit donc se conduire de l’irréel vers le réel. Revenir à l’humaine conviction et lutter contre les fausses illusions articulées par des idoles démagogues et stériles. Il doit être un résistant. Lutter contre son propre pouvoir et celui des autres : contre l’amour du pouvoir et pour le pouvoir d’Amour.
Le challenge est " hénaurme "
La musique de relaxation ?
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- Published on Sunday, 27 February 2011 23:26
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Il est des musiques comme des médecines : Douces…
En milieu hospitalier, en salle d’opération, en salle d’attente, elles ont un rôle à jouer: sur le système nerveux, la respiration, l’inconscient, la production d’hormones…La vision d’un musicologue sur un art beaucoup moins anodin qu’il n’y paraît dans notre quête du mieux-vivre (La musique adoucit les maux, article paru dans la revue Médecines Douces).
Nous n’avons plus le temps ! Tout va trop vite ! Aujourd’hui la journée a été pénible, les clients, les gosses, les autres : insupportables. Bref, le trop-plein. Nous entendons cela souvent, trop souvent. Mais alors dites-moi où est passée cette petite île dans notre cœur, qui respire encore le bonheur, la liberté, la joie d’exister ? Elle a fichu le camp et s’est perdue dans la course chronométrée de tous les jours. Stop. Arrêtez tout. La pause.
Réconcilions-nous avec le temps en écoutant une musique douce, apaisante. Une musique pour nous, bien à nous. Un espace de liberté à la portée d’un simple geste. C’est la musique pacifiante, la musique dite de détente, voire de relaxation. Celle qui agrandit et transforme l’espace au fil de notre imaginaire.
La musique est un besoin de toujours. Ecouter de la musique, c’est se réconcilier avec le temps que nous avons découpé en multiples tranches,
Le rendant toujours plus étriqué. Avec la musique, nous lui redonnons plus d’ampleur, nous le réhabilitons à nos yeux. Ce n’est plus l’ennemi que nous combattons entre le métro, les divers rendez-vous, les encombrements permanents et la peur de demain. Non c’est l’ami qui nous invite au voyage intérieur. « La musique parfois me prend comme une mer », a écrit Baudelaire. La musique apaisante s’impose de plus en plus aujourd’hui : elle doit s’affirmer dans un univers hostile. Il faut respirer. Mais comment ouvrir nos fenêtres sans recevoir les bruits, la pollution et le reste ? Nous entrebâillons la petite porte fragile de notre sensibilité. Nous avons alors un grand besoin de nous-mêmes pour construire une embarcation de fortune et retrouver la matière première qui nous compose tous : le temps. Avec le temps et la musique, nous rencontrons le cœur. Nous renouons ainsi avec l’homme libre, laissant le conscient et l’inconscient vivre ensemble un moment privilégié, loin de l’angoisse, de l’anxiété, du stress.
Le pouvoir de la musique douce est connu depuis bien longtemps. Il intervient dans les mythes d’Orphée, désarmant les divinités infernales, avec David jouant devant le Roi Saül pour calmer ses accès de mélancolie furieuse. La musique pacifiante tient aujourd’hui un rôle non négligeable tant sur le plan de la communication que dans son utilisation à travers plusieurs formes de thérapies : musicothérapie - pour les psychothérapies - relaxation, sophrologie, sono thérapie, psychophonie. Des musiques avant tout au service du bien-être.
La musique est un courant qui passe facilement : elle sécurise le patient, elle prépare le terrain favorablement. Son rôle est d’abord de mettre l’individu à l’aise devant une situation pas toujours très agréable ni très acceptée par lui. Elle est un bon transmetteur de messages et possède des retentissements psychophysiologiques : elle influe sur les rythmes cardiaques et respiratoires (étude de Dogiel en 1880 - Hyde en 1940) ; les fonctions digestives - en 1953, Lundin parle du rôle bénéfique de la musique non vocale, classique mais légère, après les différents repas -; elle aurait un effet dynamogénique (produisant de l’énergie, de la force).La musique a un effet très important sur le système nerveux : elle rassure, elle harmonise le lieu, l’instant. Certaines cliniques (salles d’opération), maisons de retraite, des dentistes, des gynécologues utilisent des musiques de relaxation et constatent une meilleure disposition du patient à recevoir un traitement. La musique favorise l’efficacité des soins apportés. Les résultats les plus spectaculaires sont constatés en obstétrique (accouchement), en chirurgie dentaire, en kinésithérapie. Dans une maison de retraite du sud de la France, l’absorption de tranquillisants a ainsi été réduite de plus de 30%, et cela sur une année. Tout cela n’a rien d’extraordinaire. La musique est très proche de nous. Elle est tellement présente que nous ne faisons plus attention à elle.
Comme la couleur bleue ralentit le rythme cardiaque, comme l’animal compagnon permet de rassurer le patient hypertendu, la musique nous apporte le recul nécessaire par rapport à une situation donnée. Elle ne supprime pas le mal, mais comme l’explique une petite fille interrogée à ce sujet, « on y pense moins, et c’est déjà beaucoup ».Des lieux aussi différents que des hôpitaux, des grandes surfaces, des gares…Bref, là où l’anxiété règne plus facilement à cause de pressions en tous genres, mettons de la musique douce. Elle peut dénouer des conflits, calmer des respirations, rendre plus agréable un couloir interminable ; nous obtenons plus d’accueil, plus d’humanité avec simplement une ambiance musicale choisie, étudiée en fonction de l’espace, des couleurs, de la fréquentation. L musique, c’est une petite chose qui peut aider à mieux vivre.
Les hôpitaux et les centres de formations pédagogique l’appellent la psychophonie. Marie-Louise Aucher est un professeur de pose de voix, une cantatrice qui a constaté sa réceptivité aux sons. De là est née une Ecole de connaissance de soi et d’harmonie humaine « La musique , considérée depuis plusieurs générations, dans nos pays occidentaux, comme une distraction, offrant à l’homme une extraversion, un départ de lui-même vers l’au-delà, est, au contraire, un e introversion, une synthèse des moyens physiques que l’homme a pour se sentir, se comparer, et finalement se réaliser et s’épanouir ».
Considérer l’homme comme émetteur et récepteur, c’est reconnaître à la fois notre fragilité et notre force : fragilité parce que nous sommes sensibles aux agressions extérieures; notre corps vibre à tout ce qui l’entoure. Notre force car nous avons la possibilité de faire cesser toutes ces agressions et c es tensions du quotidien. Les vibrations sonores que l’homme récepteur reçoit ont les mêmes caractéristiques que celle émises
par l’homme émetteur. Ce qui signifie que le corps réagit de la même manière en recevant un son ou en l’émettant. « L’orsqu’un élève se confie à mes soins (ayant remarqué que les difficultés d’une émission vocale concernaient toujours une, deux, ou un groupe de « notes »), je vérifie la sonorité de la région corporelle correspondant à cette zone, en chantant derrière le dos de mon élève », explique Marie-Louise Aucher. L’élève devient alors « une plaque de résonance ».
Le lien est immédiatement établi entre l’anomalie musicale et le trouble fonctionnel : « Jusqu’à une dent cariée ou une déviation de vertèbre, le langage sonore peut renseigner autant qu’une radio visuelle ». Une bonne voix égale une bonne santé.
De plus il faut lutter contre les agressions sournoises et leurs retentissements durables. Dans une classe, une expérience a été réalisée avec des élèves de même niveau placés dans trois types d’environnement sonore : bruyant, musical, silencieux. Les scores scolaires les plus performants ont été réalisés dans l’environnement musical.
Dans une société qui s’urbanise de plus en plus, nous constatons « un désir conscient de renouveau de l’énergie psychique ». Les musiques douces s’inscrivent dans la quête du mieux-vivre, et de la redécouverte du sens de l’humanité.
Note : Cet article est aussi l'introduction d'un prochain livre sur la musicothérapie qui devrait paraître en 2011.

